Un premier prix en poche, Natacha choisit le théâtre classique. On eut dit un instant qu'il attendait, tant les rôles plus ambitieux, les plus difficiles, se succédèrent : Molière et Shakespeare soufflèrent sur les voiles de l'esquif de la candide slave qui, du Plat Pays de Jacques Brel au Palais de Chaillot d'Antoine Vitez traça très vite un sillage d'incarnation : "Vendredi", dans l'½uvre de Michèle Tournier, le rôle-titre dans "Phèdre" de Racine. Elle n'avait pas vingt-cinq ans qu'elle avait déjà la biographie d'une grande actrice. Son secret?
Un cocktail d'ethnique mélangées : Maroc, Russie, Pologne, Écosse, Suède... Pas un seul ancêtre ne provient de la même latitude ! Et puis cette voix qui "soprane" jusqu'aux basses. Ou cette beauté, qui prolonge un tempérament de feu, parfois aux limites de la violence, souvent aux contours d'une douceurs généreuse. Ou cette rigueur dans le travail, qu'elle ponctue de rie et d'instants de méditations... bouddhistes.
Son modèle : Jacqueline Maillian. Ses "Pygmalions"au théâtre : Villegier, Savray, Mondy, Hossein...
Et puis ses erreurs, qui la conduisent loin, outre atlantique. Ces errances qui sont autant de louvoiement, de tempêtes essuyées, de "pots au noir" interminables. Quand elle revient d'Amérique, le théâtre l'a déjà presque oubliée. Elle aussi... Alors elle se joue des traîtrises, fait son cinéma.
Et c'est Tonie Mashall, Philippe de Broca, "Le nombril du monde"de Zeitoun ou "Huit femmes et demi" de Peter Greeneway, mais aussi la télévision.
A tente ans, vingt films et vingt pièces de théâtre, et de nombreux épisodes de "Commissaire Moulin", à suivre ou à marquer de souvenirs, en tant que "fiancée" inoubliable.
Alors, l'avenir, le théâtre toujours entre deux tournages de "Femmes de loi" où la proc' Élisabeth Brochène fait de la complaisante autorité sur sa complice Marie Balaguère, interprétée par Ingrid Chauvin.
Il n'et guère que les romans historiques de son mari et les plongées sous-marines aux Seychelles qui détournent de temps en temps son attention de ses envies : jouer sous la direction de Chabrol, retrouver Robert Hossein sur scène, tourner cent épisodes de "Femmes de loi"... Pour cette fleur qui n'éclôt ni de la lumière des projecteurs ni de la pénombre des oubliés, il n'est de soleil que celui du bonheur d'un public.
"J'ai, parait-il fait pleurer, dit-elle, espérer émouvoir depuis mon premier "Madame est servie ! ", me voici donc devant la plus grande angoisse de ma vie, à l'instar des maîtres du genre : Maillan, de Funès , Seller, ou des série américaine que je "gobe" en quantité : "Friends", "Sex and the City", devant le plus grand défi de ma carrière : riez maintenant ! Enfin, souriez, au moins..."